Donner au suivant

Depuis mon arrivée à Dakar, j’ai eu la chance inouïe de rencontrer pleins de personnes différentes qui m’ont accueillie, guidée, épaulée.

Grâce à elles, je me suis sentie entourée.
L
orsque je suis allée me faire vacciner (et oublier que ma maman n’était pas à mes côtés. Oui, un vaccin ça pique!), aller danser la salsa ou encore monter dans les baobabs et partir en Safari.
Mieux encore, je me suis sentie accueillie comme un membre de la famille, considérée, dorlotée, calinée, bref des sentiments essentiels lorsque l’on est déraciné.

Ces personnes m’ont donné, par générosité, juste parce que cela leur faisait plaisir.
Et quand on est à l’étranger l’aide de quelqu’un que l’on ne connait pas, qui plus lorsque c’est un geste spontané, c’est un cadeau en or. Ça nous redonne du baume au cœur, nous colle un sourire sur le visage, nous redonne confiance et foi en l’avenir et en l’être humain.

Mais des fois….je doute

Je suis une personne qui aide aussi souvent son prochain.
Mais Oui, des fois j’ai donné et j’ai été déçue.
Déçue par des égoïstes, par des profiteurs, par des gens pas sympas.
Oui j’ai été frustrée et oui je me suis dit « plus jamais je n’aiderai! »

Est-ce que c’est la solution ? Non.
Et, je trouve cela dommage de tirer de telles conclusions car on est tous différents.

Est-ce que si c’était à refaire, je le referai?  Oui.
Parce que, quelque part j’ai confiance en la nature humaine et quand je vois quelqu’un dans la panade j’ai envie de l’aider, dans la mesure de mes moyens et si je le peux.

Un jour, une de mes amies m’a dit « Moi, je ne redonne pas toujours à la personne qui m’a aidée mais je donne au suivant ».

Alors je continue aujourd’hui mais mes expériences malheureuses m’ont permis d’en retirer quelques bénéfices.

 

  1. Je me fie à mon intuition.

Il y a des personnes très douées pour vous amadouer et quand on se fait franchement avoir, on est en colère et on se dit « plus jamais » et bien sûr qu’il est difficile de cerner une personne lors d’une première rencontre. Mais je crois que l’on a tous un petit radar intérieur. J’essaye de plus en plus de l’écouter et si je ne « sens » pas la personne, même pour une raison infondée j’attends de la connaître un peu plus, avant de lui proposer un milliards de solutions pour l’aider

       2. Mon aide n’est JAMAIS JAMAIS JAMAIS financière.

Matérielle, elle peut l’être. Mais je ne donne JAMAIS d’argent, et surtout pas quand on me le demande. Et je ne parle pas d’un café mais d’un vrai prêt. Si je donne de l’argent, j’ai conscience que cela peut être un don pour l’éternité.

      3. Je donne avec le cœur et sans arrière-pensée

Lorsqu’une personne a des réactions égoïstes qui me déplaisent, des fois je continue quand même de l’aider. Et je me dis que je devrais arrêter parce que ça me ronge.
Mais une amie m’a récemment rappelée que lorsque l’on donne c’est avec le cœur et sans attente. J’y pense à chaque fois que je donne.

Alors, je me demande :  «Ai-je VRAIMENT envie d’aider cette personne ? Ou est-ce par intérêt ou un besoin de reconnaissance» 

Et quand le courant passe immédiatement avec quelqu’un je ne me pose aucune question avant de lui proposer un tuyau. Si mon geste est pur et spontané alors je me lance.

      4. Certaines fois, je me rends à l’évidence.

Des fois on a envie d’aider avec la meilleure intention du monde. On donnerait la terre entière pour arrêter de voir quelqu’un, surtout une personne qui nous est chère, aller mieux. Mais il faut aussi savoir se rendre à l’évidence. Il y a des situations dans lesquelles nous sommes justes impuissants.

 

Aujourd’hui, je suis reconnaissante envers toutes ces personnes qui m’ont ouvert la porte de leur cœur, et je n’ai qu’une seule envie : donner au suivant !

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